Institut Méditerranéen d’Océanologie
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MOBYDICK : une campagne océanographique aux Kerguelen pour comprendre le rôle de la biodiversité dans le fonctionnement de la pompe biologique du carbone

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Du 18 février au 28 mars, une équipe de scientifiques coordonnée par le MIO, embarque à bord du N.O. Marion Dufresne. L’objectif est l’étude de la structure end-to-end (des bactéries aux apex prédateurs) des communautés pélagiques de l’Océan Austral dans des environnement contrastés autour de l’Archipel des Kerguelen. 5 chercheurs du MIO participent à l’aventure : Bernard Quéguiner (responsable du projet LEFE/ANR Mobydick), Karine Leblanc, Véronique Cornet, Nagib Bhairy et Augustin Lafond. Le projet MOBYDICK regroupe par ailleurs plusieurs collaborateurs français de l’UPMC (LOMIC Banyuls/mer, LOCEAN Paris et LOV Villefranche/mer), de l’ULCO (LOG Wimereux), de l’Université de La Rochelle (CEBC Chizé) et de l’UBO (LEMAR Brest), ainsi que plusieurs collaborateurs étrangers de l’Université de Vienne, de l’UBC Vancouver et de la Shanghai Jiao Tong University

Plus d’informations sur http://www.insu.cnrs.fr/node/8358

site web : http://www.mio.univ-amu.fr/mobydick/
Twitter : https://twitter.com/mobydick_cruise
Facebook : https://www.facebook.com/mobydicksurlemarion/

MOBYDICK (Marine ecosystem biodiversity and dynamics of carbon around Kerguelen : an integrated view) est un projet de recherche qui a pour objectif de comprendre comment la biodiversité au sein des réseaux trophiques de l’océan Austral influence la pompe biologique de carbone. Le 18 février 2018, une équipe de 36 scientifiques de 8 nationalités différentes embarquera pour une durée de 37 jours sur le Marion Dufresne à destination des îles Kerguelen. Lors de cette campagne, les stocks et les flux de carbone seront mesurés à 4 stations sélectionnées pour leurs conditions trophiques variées. La biodiversité et l’activité des micro- et macro-organismes seront observées et échantillonnées par de multiples approches. Les méthodes de prélèvement incluront une rosette de bouteilles hydrologiques, différents types de filets à plancton, des pompes in situ et un chalut pélagique. MOBYDICK a ainsi pour objectif de décrire la répartition de la biomasse carbonée et les flux transitant par les réseaux trophiques des microorganismes (bactéries, phytoplancton, nanoflagellés, microzooplancton), à l’intérieur des organismes du méso-zooplancton et du micronecton jusqu’aux poissons mésopélagiques (approche dite "end-to-end"). Les distributions spatiales et temporelles des organismes seront aussi observées in situ avec des capteurs bio-optiques et acoustiques. En fonction des différents paramètres suivis, les échantillons feront l’objet d’analyses soit à bord du Marion Dufresne soit au retour dans les laboratoires en France et à l’étranger, en utilisant un large éventail de techniques (p. ex. microscopie optique en fluorescence couplée à l’analyse d’images, microscopie électronique à balayage, séquençage des acides nucléiques, mesures des rapports isotopiques ∂13C et ∂15N des différents compartiments des réseaux trophiques). L’ensemble des données acquises permettra de mieux comprendre le rôle de la biodiversité dans le fonctionnement de la pompe océanique de carbone, mais aussi dans le maintien des ressources halieutiques de cette région clef de l’océan Austral, caractérisée notamment par une production primaire accrue en raison de la fertilisation naturelle par le fer. Sur la durée de la campagne, plusieurs activités seront par ailleurs organisées à destination du grand public avec une attention particulière pour les jeunes scolaires en France et à l’étranger.

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Climatologie des concentrations en chlorophylle a des eaux de surface en février observées par le capteur MODIS (2003-2016) et position des zones contrastées qui seront étudiées durant la campagne MOBYDICK (écosystèmes HBLE - forte biomasse et faible export vertical de C, fertilisation par le fer - et LBLE - faible biomasse et faible export vertical de C, absence de fertilisation par le fer).
Ce projet est soutenu par le programme LEFE-CYBER du CNRS-INSU, l’UMS Flotte, l’ANR, 5 universités françaises, 3 instituts étrangers, l’Ifremer et la FOF.