Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Les campagnes 2019 de la Flotte océanographique française

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La Flotte océanographique française (FOF) met à disposition de la communauté scientifique les moyens nécessaires aux recherches marines actuelles.
La structure est unifiée autour de l’Ifremer depuis 2018, avec les navires gérés historiquement par l’IRD (Antea, Alis ), l’Ifremer (Pourquoi pas ?, L’Atalante, Thalassa, Europe ou encore Thalia ), le CNRS (Téthys , Côtes de la Manche, et 7 navires de station),, ou l’IPEV (Marion Dufresne ).

La flotte comprend également les engins sous-marins, comme le Nautile , les robots Victor6000 et Ariane, ainsi que des systèmes mobiles comme les sismiques ou le pénétrateur Penfeld .

Cette présentation issue du site web de l’IRD est complétée à la fin par un focus sur les moyens mis à la dispostion du MIO, rédigé par Dominique Lefevre

Les campagnes océanographiques demandées par les équipes scientifiques sont sélectionnées par deux commissions nationales indépendantes ( nous vous faisions part la semaine dernière des nominations de nos collégues du MIO dans ces commissions), en distinguant la flotte hauturière (campagnes au large) et la flotte côtière.

Flotte de haute mer : les grands fonds du Pacifique à l’honneur avec L’Atalante

En 2019, parmi les navires de la flotte hauturière, on peut retenir une série de campagnes sur les grands fonds programmées sur L’Atalante dans le Pacifique. La série commencera à Nouméa par une première campagne appelée Chubacarc se déroulant de fin mars à juin. Coordonnée par des chercheurs de la station biologique de Roscoff (CNRS), elle permettra de sillonner l’arrière-arc du Pacifique Ouest jusqu’à Wallis et Futuna, l’objectif étant d’étudier les espèces qui ont colonisé la dorsale océanique.


Le programme de l’Atalante est concentré sur le Pacifique tout au long de l’année 2019 © S. Lesbats - Ifremer

Le voyage se poursuivra en septembre-octobre avec la campagne Kanadeep , conduite par le Museum national d’Histoire naturelle, qui explorera là aussi la biodiversité profonde de manière plus ciblée sur les eaux territoriales de Nouvelle-Calédonie.
La série se terminera de novembre à décembre avec la campagne nommée Tonga conduite par le CNRS en Polynésie, afin d’étudier le panache hydrothermal de l’arc volcanique de l’archipel Tonga, à l’est des îles Fidji.

Le Pourquoi pas ? , autre grand navire de la Flotte océanographique française, sera également mobilisé sur la thématique des grands fonds avec notamment la campagne Momarsat en juin, afin de suivre un observatoire scientifique situé sur la dorsale Atlantique au large des Açores.

L’activité scientifique du Marion Dufresne se concentre sur le début d’année dans l’océan austral avec la campagne d’observation Obs-austral , puis entre fin février et début mars avec la campagne de carottage long Crotale , dont les sites sont situés près de l’île de Crozet.

Thalassa reste quant à lui occupé une grande partie de l’année sur les campagnes récurrentes d’évaluation halieutique, pour le suivi des espèces sur la façade Atlantique, la Manche et la mer du Nord, avec une incursion en Méditerranée durant l’été.

Flotte côtière : depuis le maërl breton jusqu’aux monts sous-marins en Nouvelle-Calédonie

La flotte côtière est plus concentrée sur le littoral métropolitain, avec des navires comme L’Europe en Méditerranée et le Téthys , le Thalia ou le Côtes de la Manche en Atlantique et en Manche.
Pour l’Outre-mer, on peut citer l’Alis en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. L’Antea commencera en Méditerranée et finira l’année sur la zone Antilles-Guyane.


Après un début d’année en Méditerranée, l’Antea se rendra dans les Antilles pour une programmation sur place entre 2019 et 2020 © O. Dugornay – Ifremer

Les campagnes menées ont des enjeux scientifiques très variés. Par exemple, une campagne sur le maërl en Bretagne, ce dépôt de débris d’algues qui sera étudié comme indicateur des climats passés : c’est la campagne Pepite , coordonnée par l’Ifremer, qui se déroulera au printemps sur l’Haliotis et le Thalia .
La campagne Caladu , menée également par l’Ifremer, sur le canyon méditerranéen au large de Perpignan, étudiera la biodiversité grâce à des vidéos hautes résolutions prises par le robot sous-marin Ariane.
Jericobent, campagne coordonnée par le CNRS sur le Côtes de la Manche , permettra de comprendre les effets des apports en matières organiques de la Gironde sur les écosystèmes de fond de la vasière ouest Gironde.
Dans le Pacifique, la campagne Seamounts menée par l’IRD sur l’Alis aura lieu sur douze monts sous-marins et quatre récifs de l’archipel néo-calédonien, afin d’étudier leur rôle en tant qu’oasis de biodiversité et de refuges pour les espèces menacées.

À noter, l’appel pour la programmation 2020 de la flotte côtière est actuellement ouvert.

Une meilleure vision sur les années à venir

Dans ce cadre, l’engagement a ainsi été tenu en 2019 de se rendre dans le Pacifique, en y regroupant plusieurs campagnes scientifiques sur la même année. Autre exemple avec L’Antéa, qui restera dans la zone Antilles-Guyane à partir de l’automne 2019 et jusqu’en 2020, avec des campagnes étalées sur les deux années. Enfin, le Marion Dufresne aura cette année une activité réduite avec notamment un arrêt technique à l’automne pour être adapté aux outils scientifiques de la flotte (comme l’accueil du robot sous-marin Victor ), mais la priorité sur les campagnes hauturières en 2020 et 2021 est actée sur le créneau du milieu d’année du Marion Dufresne dont la programmation sera plus dense.

Outre les deux structures d’évaluation des campagnes, la programmation de la Flotte océanographique française est encadrée par un comité directeur, présidé par le ministère chargé de la Recherche, et par un conseil scientifique. Le financement est assuré par le ministère chargé de la Recherche.
En tant que gestionnaire, l’Ifremer est engagé sur un nombre annuel de jours d’activité scientifique : 450 pour les navires hauturiers et 960 sur les navires côtiers. Le calendrier proposé pour 2019 est légèrement en-dessous de cet objectif pour les navires hauturiers (près de 440 jours), mais en phase pour les navires côtiers (supérieur à 950 jours).

Focus sur le MIO :

Flotte hauturière

Le Pourquoi pas ? , autre grand navire de la Flotte océanographique française, sera également mobilisé sur la thématique des grands fonds pour des activités dans le cadre du consortium européen EMSO-ERIC et l’infrastructure de recherche EMSO-France avec notamment la campagne Momarsat en juin, afin de suivre un observatoire scientifique situé sur la dorsale Atlantique au large des Açores et le déploiement de nouveaux outils d’observations sur le site EMSO ANTARES, notamment le robot benthique doté de caméra vidéo haute définition et d’autres instrumentations dédiées aux sciences environnementales. Ces déploiements s’effectueront à l’aide du sous-marin habité Le Nautile.

La flotte au service des mission des SNO et IR.

Les navires hauturiers comme les navires de façade ou de station mènent des actions récurrentes pour le MIO dans le cadre des missions d’observation labélisées tel que MOOSE grande échelle sur le NO Thalassa en juin 2019, MOOSE mensuel sur le NO Tethys II et SOMLIT tous les 15 jours sur le NO L’Antédon II.

Exemples de campagnes menées en 2018

- Bicose 2, à bord du Pourquoi Pas sur les sources hydrothermales de la dorsale médio-Atlantique
- DCE5, à bord de LEurope , sur la qualité des eaux côtières méditerranéennes
- Pagure, à bord du Thalia , sur un suivi innovant de la crépidule par imagerie sous-marine
- Pelgas, à bord du Thalassa , concernant les ressources halieutiques dans le Golfe de Gascogne
- Sypoco, à bord du Thalia , pour l’étude des cratères sous-marins au large de Concarneau