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Prix 2019 du magazine "La Recherche" : les lauréats

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12 équipes françaises sont récompensées, après examen des articles publiés pendant un an dans les meilleures revues spécialisées. Le jury est présidé en 2019 par Jean Jouzel, climatologue et co-récipiendaire du prix Nobel de la paix avec le Giec.

La cérémonie de remise des prix La Recherche a eu lieu le 13 février à 16h30 à l’Université Paris-Dauphine ! Retrouvez, catégorie par catégorie, les publications lauréates en 2019 et les équipes qui les ont réalisées.

Récompensant des travaux d’une grande diversité portés avec enthousiasme, le prix La Recherche met en avant des chercheurs francophones dans des équipes souvent internationales. Un comité scientifique s’est réuni en novembre dernier, présentant 80 articles de recherche, pour aboutir à 11 publications récompensées - une dans chaque domaine -, plus un coup de coeur. Un palmarès qui fait ressortir des sujets d’étude originaux, avec beaucoup de jeunes chercheuses et chercheurs. Vous trouverez, dès le mois prochain dans la rubrique « Fondamentaux », les articles sur les travaux des lauréats.

Archéologie

L’analyse des papyrus de la mer Rouge. Les plus anciens papyrus, datant d’environ 2 500 ans avant notre ère, nous offrent une compréhension inédite de la construction de la pyramide de Khéops, en Égypte. L’archéologue Pierre Tallet a exhumé ces papyrus, journal de bord d’un capitaine qui transportait des pierres pour la pyramide. C’est l’une des plus importantes découvertes en égyptologie de ces dernières décennies.

Pierre Tallet, in IFAO - colloque « Riverine Harbours », septembre 2018.

Astrophysique

Décalage relativiste autour du trou noir central de la Galaxie. Les étoiles en orbite autour du trou noir central de notre Galaxie doivent être soumises à un fort effet relativiste. Pour la première fois, l’interféromètre de haute technologie Gravity, conçu par Guy Perrin et son équipe, a mis en évidence ce décalage gravitationnel sur une étoile particulière. Une prouesse observationnelle et instrumentale, qui témoigne d’un excellent accord entre les observations et les prédictions de la relativité générale d’Einstein dans ce contexte de gravitation forte.

Collaboration Gravity, A&A, 615, L15, 2018.

Biologie

Un mécanisme de division cellulaire utilisé pour différencier des cellules Les cellules multiciliées se caractérisent par de longs cils, capables de produire un flux régulier qui peut dégager le mucus des voies respiratoires ou propulser le liquide céphalorachidien le long des ventricules cérébraux. Le défaut de motilité de ces cellules singulières est associé à des pathologies sévères, tels des troubles du développement moteur ou une insuffisance pulmonaire irréversible. C’est en s’attaquant au problème du développement de ces cellules que l’équipe d’Alice Meunier a découvert qu’un mécanisme utilisé pour la division cellulaire (la mitose) est également utilisé pour initier la production des cils, et ainsi différencier des cellules épithéliales en cellules multiciliées. En comprenant mieux le développement et le fonctionnement de ces cellules, les chercheurs espèrent aboutir à des stratégies régénératives innovantes.

A. Al Jord et al., Science, 358, 803, 2017.

Chimie

Une molécule qui capte et relargue en même temps. Un concept qui assemble un composant à une biomolécule tout en relarguant un autre composant en une étape unique : c’est ce type de réaction chimique d’un nouveau genre, baptisé Click and Release, qu’est parvenue à mettre au point l’équipe de Frédéric Taran. Le champ d’application potentiel de cette innovation recouvre les médicaments qui sont délivrés de manière inactive et les thérapies ciblées contre le cancer.

S. Bernard, Angew. Chem. Int. Ed. Engl., 56, 15612, 2017.

Environnement

Comment le loup a recolonisé la France. Depuis les années 1990, le loup est de retour en France en provenance d’Italie. Afin de comprendre la dynamique de colonisation du loup, il faut modéliser sa répartition. Défi qu’ont relevé Julie Louvrier et ses collègues, grâce à une approche multidisciplinaire qui fait notamment intervenir les sciences participatives. Les auteurs proposent un outil d’aide à la décision qui répond aux enjeux de la conservation du loup et à la gestion des conflits liés aux attaques.

J. Louvrier et al., Ecography, 41, 647, 2018.

Mathématiques

La contrôlabilité de l’équation de Navier-Stokes. En combinant des techniques de la théorie du contrôle et une compréhension fine des phénomènes de la mécanique des fluides, Jean-Michel Coron et ses collègues sont parvenus à mieux comprendre cette équation de la mécanique des fluides, notamment la manière dont elle se comporte dans les zones limites.

J.-M. Coron et al., Proceeding of the RIMS conference, 2058, 162, 2018.

Neurosciences

Comment la vie en société modèle les comportements individuels. Autour de Philippe Faure, les neuroscientifiques ont suivi l’interaction entre souris dans une pièce baptisée Souris City. Ils ont observé les stratégies de prise de décision mises en oeuvre par les rongeurs pour obtenir une récompense. Bien que génétiquement identiques, toutes les souris n’adoptent pas le même comportement. Elles forment ainsi trois groupes aux stratégies plus ou moins actives. Toutefois, lorsqu’on remet ensemble uniquement plusieurs souris du groupe le moins actif, alors trois groupes distincts se forment à nouveau. L’apparition d’un nouveau comportement chez les rongeurs s’expliquerait par les interactions sociales et non par leur patrimoine génétique.

N. Torquet et al., Nat. Commun., 9, 3081, 2018.

Physique

Des membranes très étirables. L’équipe d’Arnaud Antkowiak a mis au point une méthode simple pour obtenir des membranes « ultra-étirables ». Elles sont fabriquées à partir d’une fine membrane fibreuse imbibée d’un solvant. Elles supportent de grands changements de surface de façon réversible. Les applications potentielles sont multiples : création d’un circuit électrique déformable, traitement de surface d’une bille afin de la rendre hydrophobe ou hydrophile, par exemple.

P. Grandgeorge et al., Science, 360, 296, 2018.

Santé

Vers un traitement de la rétinite pigmentaire. Des rats malades de la rétinite pigmentaire, greffés avec un « patch cellulaire » constitué de cellules souches embryonnaires et d’une membrane amniotique humaine, ont de meilleures performances visuelles par rapport à celles de rats témoins. Ces résultats positifs de thérapie cellulaire vont permettre de lancer une étude clinique chez l’homme. Un travail qui ouvre des perspectives thérapeutiques pour les maladies de la rétine rares, génétiques, ou fréquentes et liées au vieillissement.

K. Ben M’Barek et al., Sci. Transl. Med., 9, eaai7471, 2017.

Sciences de l’information

Calculer avec la chimie. Les équipes d’Olivier Bournez et de François Fages ont montré que les réactions chimiques, telles celles qui se produisent dans une cellule, peuvent simuler une machine de Turing. Autrement dit, les réactions chimiques sont des ordinateurs universels. Les informaticiens ont aussi mis au point un « compilateur » permettant de transformer n’importe quelle fonction mathématique en réactions chimiques élémentaires.

F. Fages et al., Lectures Notes in Computer Science, 10545, 108, 2017.

Technologie

Une étude clinique majeure valide l’utilisation des ultrasons pour soigner l’hypertension rénale chronique. L’étude clinique, portant sur plus de 800 patients souffrant d’hypertension et coordonnée par le cardiologue Michel Azizi, a montré qu’en brûlant par ultrasons les nerfs situés au niveau des reins, on réduit considérablement la pression sanguine. Cette opération a deux vertus : elle diminue la durée de prise en charge des patients et préserve mieux les reins par rapport à des traitements médicamenteux classiques. Cette technologie de « dénervation endovasculaire par ultrasons », très efficace, devrait rapidement être utilisée en clinique.

M. Azizi et al., Lancet, 391, 2335, 2018.

Coup de coeur

L’homme, une espèce cancérigène pour les animaux. Le lien entre pollution et taux de cancer est bien établi chez l’homme, mais est-ce que les espèces sauvages développent aussi des cancers plus facilement dans des habitats proches des activités humaines ? C’est ce que suggère ce travail de Mathieu Giraudeau et de ses collègues. Ils avancent que les changements d’environnement dus à l’homme, comme la lumière artificielle ou l’apport de nourriture non adéquate, influenceraient les taux de cancer dans la faune sauvage.

M. Giraudeau et al., Nat. Ecol. Evol., 2, 1065, 2018.

Les membres du jury :
DIDIER BARRET, directeur de recherche CNRS, Institut de recherche en astrophysique et planétologie, Toulouse. ANNE CHARMANTIER, directrice de recherche CNRS, Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, Montpellier. ÉRIC CRUBÉZY, professeur d’anthropologie biologique à l’université Paul-Sabatier, Toulouse. HIRAC GURDEN, directeur de recherche CNRS, laboratoire de biologie fonctionnelle et adaptative, université Paris-Diderot. ISABELLE LEFEBVRE, chercheuse CNRS, Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie, Lille. VALENTIN LEROY, chercheur CNRS, laboratoire matière et systèmes complexes, université Paris-Diderot. JEAN-FRANÇOIS LUTZ, directeur de recherche CNRS, Institut Charles-Sadron, Strasbourg. MAUD MOUCHET, maître de conférences, Centre d’écologie et des sciences de la conservation, MNHN. ÉRIC MOULINES, professeur à l’École polytechnique, Centre de mathématiques appliquées, Palaiseau. JEAN-MICHEL MULLER, directeur de recherche CNRS, laboratoire de l’informatique du parallélisme, Lyon. CORALIE NEINER, astronome, laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique, Observatoire de Paris, Meudon. SIMON PERDRIX, chercheur CNRS, laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications, Vandœuvre-lès-Nancy. SERGE PICAUD, directeur de recherche Inserm, Institut de la vision, Paris. SANDRINE PRAT, chargée de recherche CNRS, unité d’histoire naturelle de l’homme préhistorique, MNHN. LAURE SAINT—RAYMOND, professeure à l’ENS de Lyon, unité de mathématiques pures et appliquées. ANGELA SIRIGU, directrice de recherche CNRS, Institut des sciences cognitives Marc-Jeannerod, université de Lyon. MICKAËL TANTER, directeur de recherche Inserm, Institut Langevin, Paris. MARIE-PAULE TEULADE-FICHOU, directrice de recherche CNRS, unité de chimie, modélisation et imagerie pour la biologie, Institut Curie. MANUEL THÉRY, directeur de recherche CEA, IUH/hôpital Saint-Louis, Paris.

Voir en ligne : https://www.larecherche.fr/prix-la-...