Institut Méditerranéen d’Océanologie

LATEX

Version imprimable de cet article

Le projet LATEX (2008-2011) vise à caractériser et à quantifier les transferts de matière, en liaison avec des processus hydrodynamiques entre les domaines côtier et du large.
Financé par LEFE/IDAO – CYBER et la Région PACA, réalisé sur la partie ouest du talus continental du golfe du Lion (Méditerranée occidentale), ce programme a introduit une démarche fructueuse d’étude couplée physique-biogéochimie, mettant en jeu le rôle des tourbillons anticycloniques dans la quantification des échanges côte-large.

L’Océan côtier malgré la faiblesse des surfaces et volumes concernés (8% et 0,05% de l’Océan global, respectivement) est actuellement le siège d’enjeux cruciaux. Ce milieu est le trait d’union entre le continent - marqué par une importante présence humaine et ses activités (40% de la population mondiale vit à moins de 100 km des côtes) - et l’Océan du large qui est le principal régulateur thermique et biogéochimique de la planète. Le domaine côtier rassemble donc des préoccupations fondamentales propres à la gestion environnementale mais également au fonctionnement du système biosphère géosphère. L’Océan côtier est en général caractérisé par une forte productivité biologique en raison d’un enrichissement en nutriments liés aux activités anthropiques ou bien aux apports naturels des fleuves. Ainsi les zones côtières pourraient contribuer pour une part importante à la séquestration de carbone dans les couches profondes de l’Océan.
Le rôle des zones côtières dans le bilan global de carbone a été souligné à la conférence de Dahlem en 1991 et a fait l’objet d’études dans le cadre de programmes nationaux et internationaux (LOICZ, ELOISE).
Du fait de la variété des systèmes côtiers et la complexité des processus mis en jeu, l’origine et le devenir de la matière organique, son utilisation par le réseau trophique et son piégeage par enfouissement ou exportation vers le large, sont encore mal définis.
L’étude de la dynamique d’échanges entre le domaine côtier et le domaine du large, nécessite d’une part d’acquérir des données physiques et biogéochimiques in situ, à très haute résolution spatiale et temporelle, d’autre part d’établir des couplages des processus dynamiques et biogéochimiques, à méso et sub-méso échelle.
Le projet LATEX a pour objectif d’étudier le rôle de la dynamique couplée physique biogéochimie à (sub) mésoéchelle dans les échanges de matière et d’énergie entre les zones côtière et hauturière. La stratégie des campagnes (LATEX 08, 09 et 2010) est fondée sur une utilisation sélective et combinée d’observations satellitales, de modélisation numérique et d’observations in situ. Le but est d’étudier la circulation côtière et de suivre d’éventuelles structures tourbillonnaires à l’ouest du golfe du Lion.
Les moyens mis en œuvre lors de la campagne 2010 avec l’utilisation de deux navires de recherche (Le Suroît et Le Téthys II), ont permis de déployer simultanément plusieurs instruments océanographiques tels des flotteurs lagrangiens pour suivi des masses d’eau (Argos, Iridium mis au point pour la campagne, Carioca et bouées salinité de surface) ; un traceur inerte, l’hexafluorure de soufre (SF6), pour mesure de la dispersion des eaux (une première, dans ce mode d’utilisation) ; des « gliders ».
Trois mouillages de courantomètres ADCP (Acoustic Doppler Current Profiler) ont également été déployés dans la zone d’étude d’août 2009 à septembre 2010 afin de mesurer les courants horizontaux.
La modélisation couplée physique-biogéochimie a permis d’élaborer un schéma d’influence des tourbillons anticycloniques de méso-échelle sur la répartition des nutriments et du plancton dans la partie ouest du golfe du Lion. La mise en perspective du rôle des tourbillons anticycloniques dans la quantification des échanges côte-large encourage de futures recherches dans cette voie.

Voir en ligne : http://www.mio.univ-amu.fr/spip.php...