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L’IPBES, le « Giec de la biodiversité »

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Du 17 au 24 mars 2018, les 127 pays membres de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) se réuniront lors d’une sixième plénière. Cette rencontre se tiendra à Medellín, en Colombie, et donnera lieu à la publication de cinq rapports d’expertise scientifique auxquels plusieurs chercheurs du CNRS ont participé. Parmi ces documents se trouvent un rapport d’évaluation sur la dégradation et la restauration des sols dans le monde, et quatre rapports régionaux sur l’état de la biodiversité et des services écosystémiques. L’objectif : fournir des informations crédibles et vérifiées par des pairs qui aideront les Etats dans leur prise de décisions quant à la conservation et à l’usage durable de la biodiversité.

Créée en avril 2012, l’IPBES réunit aujourd’hui 127 Etats membres et mobilise plus de 1300 experts pour l’élaboration de ses rapports depuis le lancement du premier programme de travail en 2014. Les expertises menées visent à évaluer et synthétiser les connaissances existantes sur la biodiversité et les services écosystémiques afin d’éclairer les décideurs, gestionnaires et l’opinion publique sur les enjeux des changements actuels et à venir de la biodiversité. La démarche de la plateforme est interdisciplinaire, et s’est notamment illustrée lors de la publication d’un rapport sur les pollinisateurs, la pollinisation et la production alimentaire en 2016.

Quatre rapports régionaux pour mieux comprendre et gérer durablement la biodiversité

En mars 2018, lors de la sixième plénière de l’IPBES, cinq rapports d’évaluation seront rendus publics. Plusieurs experts du CNRS ont contribué à la rédaction ou à la relecture de ces publications qui prendront la forme d’un rapport technique accompagné d’un résumé à l’intention des décideurs. Quatre de ces rapports proposeront une analyse de la biodiversité et des services rendus par la nature aux populations d’un point de vue régional : l’Europe et l’Asie centrale, l’Afrique, les Amériques et l’Asie-Pacifique. Pour cela, plusieurs milliers de documents ont été consultés ces trois dernières années, mais également d’autres sources d’information (gouvernementales, autochtones, locales) pour avoir une vue la plus transversale possible. La biodiversité terrestre, aquatique (en eau douce), marine et côtière, ainsi que l’état du fonctionnement des écosystèmes, les services écosystémiques qu’ils délivrent, les menaces qu’ils encourent et les moyens d’y remédier y sont analysés pour réfléchir à une meilleure gestion de la biodiversité.

Un rapport pour mieux aborder le problème de la dégradation des sols

Le cinquième rapport publié sera quant à lui thématique. Il abordera la question de la dégradation et de la restauration des sols aux niveaux régional et mondial avec de multiples objectifs :

- Offrir les meilleures données probantes du monde entier disponibles à ce jour ;
- Identifier les effets de la dégradation des sols et ainsi les menaces qui pèsent sur les écosystèmes terrestres ;
- Proposer des réponses à y apporter et les meilleures méthodes permettant d’agir sur leurs causes pour ainsi aider les décideurs à faire des choix mieux avisés contre le processus de dégradation des sols.

La mise en perspective avec les engagements environnementaux mondiaux

Par ailleurs, ces rapports permettront une évaluation des actions mises en place pour répondre à certains accords mondiaux en matière d’environnement. Ils pourront notamment être mis en perspective de défis tels que les objectifs d’Aichi du Plan stratégique international 2011-2020 pour la biodiversité biologique, l’Accord de Paris, la Convention des Nations unies pour lutter contre la désertification ou encore les Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 des Nations Unies (ODD), pour déterminer si des progrès ont été faits.

Les conclusions de ces cinq rapports seront également une base riche pour :

- mettre en évidence d’éventuelles lacunes dans les connaissances sur ces sujets et ainsi éclairer les futures recherches ;
- élaborer d’une nouvelle évaluation globale sur la biodiversité et les services écosystémiques dont la publication est prévue pour 2019.

CHIFFRES CLÉS

- 5 rapports d’évaluation : 4 régionaux et 1 thématique
- Élaborés par plus de 550 éminents experts internationaux issus de plus de 100 pays
- 3 années d’élaboration
- Des milliers de sources d’informations consultées : scientifiques, gouvernementales, autochtones et locales