Institut Méditerranéen d’Océanologie

Impacts liés aux ALDFG

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La pêche fantôme

Les filets, les casiers, les pièges et les palangres encore munis d’appâts sont à même de continuer leur activité de pêche, qualifiée dès lors de "pêche fantôme", durant plusieurs mois voire plusieurs années. Différents organismes peuvent y être pris au piège inutilement. En premier lieu, des téléostéens mais aussi des mammifères et des oiseaux marins ou encore des reptiles tels que les tortues peuvent être capturés et attirer des prédateurs susceptibles de se faire prendre à leur tour. Puis, lorsque la décomposition de ces prises s’amorce, des organismes nécrophages comme certains crustacés (e.g. crabes, homards, etc.) venant se nourrir peuvent s’emmêler et être également victimes de la pêche fantôme.

Dégradation du fond

Les espèces benthiques fixées peuvent pour leur part être nécrosées par des lignes emmêlées mais aussi être cassées ou arrachées par les ALDFG. Les habitats peuvent aussi subir des impacts négatifs (e.g. abrasion du substrat et modification de sa structure tridimensionnelle, modification de l’écoulement impliquant une augmentation de la sédimentation, comblement de cavités, etc.) bien qu’à terme, certains impacts s’avèrent être positifs. En effet, les ALDFG vont constituer un nouveau support pour la vie et être colonisés. Ce biofouling force les ALDFG flottants tels que certains filets à rejoindre le fond, amenuisant fortement les risques de pêche fantôme et pouvant mener à l’édification de nouveaux habitats complexes.

Introduction d’espèces

L’utilisation d’appâts d’origine exotique peut mener à l’introduction d’espèces invasives si ces derniers sont abandonnés vivants et que les conditions du milieu leur sont favorables.

Pollution chimique

Il faut garder à l’esprit que les matériaux composant les ALDFG sont majoritairement composés de dérivés de plastique et qu’ils contribuent donc à la pollution du même type dans le milieu marin.

Impact paysager et sur les usages

Les impacts s’étendent aux activités anthropiques puisque les paysages sont touchés directement par la présence des ALDFG. La beauté des paysages s’en retrouve lésée, ce qui peut nuire aux pratiques de plongée d’exploration, d’apnée ou de snorkeling, d’autant que le risque d’emmêlement existe pour les personnes les moins vigilantes. Enfin, des risques existent aussi vis-à-vis de la navigation (e.g. emmêlement d’un filet dans la quille d’un navire).

Voici à présent quelques photos illustrant quelques engins de pêche perdus et certains de leurs impacts potentiels :

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Palangre perdu
Bien qu’un palangre possède une surface d’action minime en comparaison avec un filet, cela ne l’empêche pas d’impacter l’environnement. Le fait que la colonisation (biofouling) de ce matériel soit à un stade avancé permet d’affirmer que sa perte n’est pas récente.
Crédit : Sandrine Ruitton.
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Filet perdu déployé
Filet de pêche perdu sur le fond. Dans ce cas la perte peut être récente puisque le filet est complètement ouvert. L’emmêlement d’un filet est fonction des courants en présence, du type de fond et également des prises fantômes qui vont lester le filet petit à petit et le rapprocher du fond.
Crédit : Sandrine Ruitton.
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Filet perdu emmêlé
Les filets emmêlés ont des impacts réduits vis-à-vis de la pêche fantôme, mais ils sont toujours capables d’impacter le fond marin par l’abrasion du substrat et l’arrachement des espèces fixées.
Crédit : Sandrine Ruitton.
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Filet et gorgones
Filet de pêche perdu ancré sur la roche. La nécrose d’espèces fixées sur le fond est visible sur cette photo.
Crédit : Sandrine Ruitton.


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