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Création du Comité consultatif éthique pour la recherche en partenariat de l’IRD

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En juin dernier, le conseil d’administration a approuvé la création d’un Comité consultatif éthique pour la recherche en partenariat (CCERP) au sein de l’Institut.

Bruno Hamelin, ancien directeur de l’OSU Pythéas, professeur de l’AMU, chercheur au CEREGE , fait de partie de ce Comité

Ce nouveau comité a pour mission de :

- évaluer d’un point de vue éthique les protocoles de recherche des unités labellisées IRD ou ayant conventionné avec l’IRD et assurer si nécessaire la labellisation institutional review board (IRB) de ces protocoles et leur conformité avec le protocole Nagoya ;
- développer une réflexion éthique scientifique sur la recherche pour le développement et le partenariat scientifique des systèmes de l’ESR des pays du Sud, en lien avec les autres instances éthiques nationales et européennes de réflexion ;
- assurer le lien avec un réseau de correspondants éthiques pour le partenariat scientifique éthique dans les unités en co-tutelle IRD qu’il s’agira d’identifier ;
- assurer le lien avec les comités éthiques des pays du Sud souhaitant conduire une réflexion avec l’IRD.

Le CCERP est composé de neuf membres qui viennent d’être nommés par le PDG de l’Institut sur proposition de la présidence du Conseil scientifique pour un tiers et du Conseil d’orientation stratégique pour un autre tiers.

Respectueux de l’équilibre femmes-hommes, Nord-Sud mais également des disciplines pour être représentatif des champs couverts par l’établissement, il est composé de :

- Isabella Annesi-Maesano est directrice de recherche à l’INSERM et professeur d’épidémiologie environnementale à Sorbonne Université et à Paris Descartes. Elle est également responsable du Département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires (EPAR) à l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de Santé Publique (iPLESP).

- Docteur en philosophie, Appolinaire Djikeng est directeur du Centre for Tropical Livestock Genetics and Health, à l’université d’Edimbourg. Il a près de 20 ans d’expérience dans la direction de programmes de recherche-développement multidisciplinaires, multi-institutionnels et mondiaux axés sur le développement agricole et la santé humaine.

- Bruno Hamelin, Géochimiste spécialiste de l’utilisation des isotopes radioactifs et des méthodes de datation, Bruno Hamelin est professeur de l’université d’Aix-Marseille, chercheur au CEREGE. Sa thématique de recherche concerne les changements globaux et les variations du niveau marin, le traçage du cycle de l’eau dans les aquifères continentaux, et la géochimie marine. Il a dirigé l’Institut Pythéas de 2012 à 2018.

- Oumarou Malam Issa est directeur de recherche à l’IRD, au sein de l’iEES Paris. Docteur en Sciences de l’Univers, son principal sujet de recherche est lié à la relation entre l’évolution de la structure du sol et la dynamique de l’eau et les processus d’érosion. Il possède une grande expertise dans les croûtes de sol biologiques et leurs impacts sur l’érosion et l’infiltration de l’eau et du vent.

- Virginie Maris est chercheuse en philosophie de l’environnement au CNRS, au sein du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive. Ses travaux portent sur l’épistémologie de l’écologie et des sciences de la conservation, l’éthique environnementale et la philosophie des politiques environnementales.

- Marie-Geneviève Pinsart est professeure de philosophie et d’éthique à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Elle mène des recherches au sein du Centre de recherche en philosophie (ULB). Elle est membre du Comité consultatif de bioéthique de Belgique et sollicitée comme experte à l’UNESCO et à la Commission européenne.

- Docteure en Droit, professeure et avocate, Houria Tazi Sadeq est experte juridique et institutionnel dans les questions de l’eau et du développement durable. Elle est également titulaire de la Chaire UNESCO interdisciplinaire pour une gestion durable à Casablanca. Elle préside la COALMA, la coalition marocaine pour l’eau, elle est Gouverneure au Conseil mondial de l’Eau et ex-présidente du Secrétariat International de l’Eau.

- Vũ Đình Thành est docteur, professeur à l’Institut Polytechnique de Ho Chi Minh au Vietnam. Il était le recteur de l’Institut dans les années 2007-2018. Ses recherches portent sur les techniques micro-ondes et les systèmes de communication. Il était aussi le membre de certaines sociétés internationales comme les IEEE, AUF, RESCIF

- Carel IJsselmuiden est directeur général du Council on Health Research for Development (COHRED) à Genève. Il est un médecin, épidémiologiste, praticien de santé publique et entrepreneur social. Il a publié de nombreux ouvrages dans les domaines de la recherche appliquée, de la nutrition, de la vaccination, de la santé environnementale, du renforcement des capacités de recherche, de l’éducation à la santé publique mondiale et de l’éthique de la recherche collaborative en santé dans le monde.

La réunion de lancement du CCERP se tiendra prochainement. D’ici là, les projets nécessitant un avis éthique urgent sont proposés à l’examen des comités d’éthique des établissements partenaires de l’ESR.

La mise en place du CCERP est complémentaire des démarches entreprises par l’IRD pour rejoindre le Comité d’éthique commun Cirad, Inra, Ifremer afin d’examiner certaines des questions éthiques générales que soulèvent l’activité et le processus de recherche pour le développement. Une intégration de l’IRD à ce comité facilitera certainement les interactions entre les deux instances.

L’IRD doit en outre participer aux travaux de réflexion des Alliances française pour la science, en particulier d’AllEnvi, sur la constitution d’un comité de type Institutional Review Board (IRB), en référence à la déclaration d’Helsinki sur les principes éthiques applicables à la recherche médicale impliquant des êtres humains. Dans l’attente d’une concrétisation, il engage un rapprochement auprès des établissements dotés d’un tel comité IRB (Institut Pasteur, Inserm).
Des revues internationales et des institutions requièrent en effet l’avis d’un comité d’éthique de la recherche de type IRB. Avec notamment l’adoption du Protocole de Nagoya, une telle exigence est susceptible de s’étendre à de nombreux autres champs de recherche, essentiels pour la recherche pour le développement. Il apparaît donc impératif pour l’IRD, non seulement de conserver une capacité d’évaluation éthique des projets, mais d’avoir accès à une certification officielle IRB et d’anticiper son extension à d’autres domaines.